Rick Owens Portecartes en cuir à deux volets sm4ctI3

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Un blog de Nima Yeganefar

Posté le by - 7771 vues

[Article publié dans le cadre de la semaine thématique sur le cerveau organisée par le c@fé des sciences ]. Quatre cartes sont posées devant vous: 3 – 8 – Rouge – Marron. Ces cartes sont bizarres, un nombre sur une face et une couleur sur l’autre. La dame en blouse blanche avec son petit air de «vous-allez-tomber-dans-le-panneau» vous demande à nouveau: «ne vous inquiétez pas et répondez juste à ma question, quelle carte devez-vous retourner pour tester mon affirmation?» Il faut dire qu’ils ont le chic pour rendre tout compliqué ces scientifiques. Son affirmation est tordue, «si une carte possède un nombre pair alors l’autre face est rouge». Quelle carte retourner? La 8 et la Rouge, probablement?

Ce petit jeu décrit la tâche de sélection de Wason qui a mis en évidence, entre autres, une caractéristique de notre cerveau communément appelée biais de confirmation . Derrière ce terme se cache la tendance à rechercher des informations qui confirment nos croyances. Dans son expérience, Wason a montré qu’une très large majorité des personnes interrogées se trompent. Les lecteurs du café des sciences étant un échantillon un peu plus aguerri à ces petits jeux auront peut-être trouvé la bonne réponse: ici il faut retourner les cartes 8 et Marron! Retourner 8 permet de confirmer l’affirmation énoncée et retourner Marron permet de la réfuter.

Confus? Reprenons! Dans un contexte moins abstrait, le problème devient un jeu d’enfant. Imaginez-vous en inspecteur Gadget dans un bar. Vous devez vérifier la règle que le barman prétend suivre: pas d’alcool à ceux qui ont moins de 18 ans. Vous avez seulement des bribes d’informations à votre disposition. 4 personnes ont bu dans ce bar et parmi elles, une personne a 23 ans, une autre 17, une bière et un coca ont été bus. Le barman est-il en règle? Pour cela, il suffit de vérifier qui a bu la bière et que boit le jeune de 17 ans! Dans un cas, on cherche à confirmer la règle (qu’est-ce que la personne de 17 ans a bu?), dans l’autre on cherche à voir si on peut falsifier la règle (qui a bu la bière?).

Mais entrons dans le vif du sujet: croyances et cerveau. Cette question est tellement vaste qu’en faire le tour tiendrait dans plusieurs livres…eh bien justement, je vais vous présenter un court résumé de plusieurs livres sur le sujet!

Approche psychologique

Les croyances étant apparemment présentes dans toutes les sociétés, certains scientifiques ne sont pas loin de penser que la manière dont notre cerveau fonctionne les favorise largement. Ils avancent que les biais de raisonnements confortant les croyances pourraient avoir un avantage sélectif. Par exemple, chercher à créer un lien de causalité entre deux effets: si un bruit provient du buisson, inutile de vérifier qu’un fauve s’y cache, autant détaler rapidement! De là à penser que l’évolution a façonné le cerveau pour croire, il y a un pas que j’hésiterais à franchir. Mais détaillons rapidement quelques biais révélateurs des mécanismes de notre cerveau.

34 Les poèmes homériques et l'œuvre d'Hésiode montrent bien que la mythologie, sans rien perdre de ses caractéristiques, s'accommode très bien, quant au genre, du rendu poétique. Un autre exemple de ce fait est fourni par une œuvre qui nous est particulièrement proche, Lou Pouèmo dóu Rose, dont la première partie du titre indique bien que c'est à la forme poétique comme telle que Mistral entendait confier le produit de sa création. Quand on y regarde de près, on voit que la référence mythique explicite, introduite dès le chant V («L'Angloro», suivi au chant VI de «Lou Dra»), va prendre de l'ampleur pour aboutir, vers la fin du texte, à une véritable Darstellung, comme diraient les Allemands, des figures et des forces qui, tout au long du temps, agissent du tréfonds des eaux et de la terre jusqu'aux confins de l'espace céleste. Ce mouvement qui parcourt l'écriture aboutit, comme vous le savez, à des vers d'une totale sublimité:

Guilhèn d'Aurenjo uno bouno pasadoSe teisè. Dins soun amo pensativoI'apareissié sur lou ribas dóu RoseL'autar dóu dieu Mitra, la font de TournoQue n'en sourgis prefoundo e clarinelloEm'aquèli simbèu dóu via sacrige,Espetaclous ensigne dóu Zoudiaque,Qu'emplissien d'esmougudo segrenoussoLis adouraire dóu souleias bléugeMountant o descendènt antan lou flumePèr faire en devoucioun soun roumavageAu dieu Mitra, «lou soulet invincible».E se disiè: — Soulèu de la Prouvènço,O diéu que ié coungreies lis angloro,Que fas sourti d'en terro li cigalo,Que dins mi veno marfo e palinousoReviéudes lou sang rouge de mi rèire,Diéu roudanen que lou Dra dins si vòutoAgouloupo, à Lioun, au Bourg, en Arle,E que dóu nègre tau dins lis ArenoEncaro vuei t'es fa lou sacrificeIncousciènt, diéu qu'escavartes l'oumbroGaloi, qu'en uno ribo incouneigudoVuei es desert toun autar - e toun riteAbandouna dins l'óublid, iéu barbare,Iéu lou darrié bessai de ti cresèire,Vole sus toun autar óufri, premiçoDe ma felicita, ma niue de noço! —(Strophe CIV)

35 Mais quand on considère dans sa globalité, on voit, fait d'ailleurs très connu, que Mistral a opté pour une expression qui l'amène aux limites de la prose ou qui, du moins, remplit un rôle que la prose pourrait tout aussi bien assumer, tout comme s'il avait résolu de limiter l'impact des préceptes métriques et prosodiques de stricte obédience. Dans la matérialité du texte mistralien, cela se traduit, comme vous le savez tous, par l'abandon de la rime et le choix du décasyllabe, très souvent non coupé (ou coupé, quand il l'est, d'une manière qui se dérobe au schéma canonique 4 + 6 ou 6 + 4). Robert Lafont écrivait autrefois à ce propos, de manière très judicieuse, que le décasyllabe, tel que Mistral l'a mis en œuvre «conçu pour suivre le mouvement de l'eau est tout en paresse et froissements 19 . Or, «suivre le mouvement de l'eau» n'est-ce pas, en échappant à toute servitude imitative, s'adonner à un travail de la langue et sur la langue dépassant au bout du compte la dichotomie poésie/prose?

36 J'ajouterai un exemple venu d'Amérique. Certains d'entre vous connaissent peut-être l'ouvrage du regretté Pierre Clastres, 20 . Le corpus que dévoile Clastres est à forte dominante mythologique et on s'aperçoit qu'il juxtapose des textes relevant d'un canon poétique formel et de l'énonciation telle que la prose la prend en charge: l'auteur du livre, dans ses traductions, a rigoureusement respecté et rendu sensible cette dualité. Dualité dont il est bon, du reste, de souligner le caractère relatif.

37 Un ouvrage tout récent, celui de Marc Fumaroli, Zadig amp; Voltaire Tshirt avec bords métalliques Tino Foil XkimrUt
, illustre de manière brillante et spectaculaire le processus à la faveur duquel, dans le premier romantisme, la prose finit par endosser les attributs de la poésie et ce comme aboutissement d'une intériorisation totale du «paysage» des premiers temps d'une vie: «Pour le poète en herbe de Combourg, tel que le décrivent les la vocation émane littéralement du singulier d'un terroir natal, de ses parfums, de ses sonorités, de sa luminosité, de sa flore et de sa faune, véritable paradis avant l'histoire, véritable «Amérique» avant Colomb» 22 .

38 Je voudrais, par les textes auxquels je me suis référé, vous avoir montré que le mythe est au bout du compte une forme de discours que l'on pourrait qualifier de transgressive: nous l'avons vu, elle est véhiculée aussi bien par la prose que par la poésie, ses acteurs revêtent les traits de la simple humanité (Millaris est un pâtre, Mulat-Barbe un laboureur) aussi bien qu'ils se trouvent associés à des changements dans l'ordre cosmique, spirituel. Ce caractère polymorphe, transgressif, est aussi à mes yeux la raison pour laquelle le récit mythologique est apte à faire coexister en lui une armature et une thématique souvent plurielle, héritée d'une immémoriale tradition et, en même temps, se faire partie prenante, tout en restant mythe, du discours que toute société se tient sur elle-même à elle-même. Ainsi, j'avais dans mon livre de 1986 pu établir qu'à Gèdre, la figure du héros agriculteur Mulat-Barbe et la façon dont elle est reçue correspond à la perception qu'ont les Gédrois de leur mode de vie, tel qu'il a été modelé par l'histoire et les conditions écologiques: à cette polarisation du mythe, j'avais donné le nom de métasémie, ternie peut-être un peu rébarbatif mais qui entrait dans le lexique de l'époque à laquelle je préparais mon livre. Quoi qu'il en soit, le mythe est une catégorie d'expression ouverte à beaucoup de possibles. Et je suis grandement tenté de lui appliquer le propos étonnant qu'Heraclite tenait au sujet de la Pythie telle qu'elle se manifestait dans le grand sanctuaire de l'hellénisme, considéré par les anciens comme centre du monde:

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